Formation mettre en place et animer un atelier réminiscence

Nicole est ASG en EHPAD. Elle est convaincue que malgré les troubles de la mémoire chez les personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, il reste des souvenirs enfouis qui ont une répercussion sur le comportement des résidents. Nicole souhaite aider les résidents à se rappeler des éléments biographiques de leur vie. La mise en place d’ateliers réminiscence semble répondre à cet objectif...

Objectifs de la formation

  • Identifier les bénéfices thérapeutiques d’un atelier de réminiscence auprès des résidents présentant une démence de type Alzheimer.
  • Améliorer ses connaissances sur la maladie d’Alzheimer pour être en mesure de proposer un atelier adapté.
  • Être en mesure d’insérer l’atelier réminiscence dans la démarche de soins.
  • Développer une posture professionnelle d’animateur d’atelier réminiscence.
  • Être capable de mettre en place et d’organiser un atelier réminiscence.
Les troubles cognitifs liés à la démence :
  • Le déficit d’attention, de concentration.
  • Les différentes formes d’amnésie : l’amnésie antérograde et l’amnésie rétrograde.
Le plongeon rétrograde dans la maladie d’Alzheimer :
  • Définition et manifestation du plongeon rétrograde.
  • Réactions à privilégier : la validation, la déviation.
Les troubles du langage dans la maladie d’Alzheimer :
  • Identifier les conséquences de la maladie d’Alzheimer sur les capacités langagières des malades.
Les troubles de la reconnaissance :
  • Identifier les conséquences de la maladie d’Alzheimer sur la capacité de reconnaissance des malades : l’agnosie et l'anosognosie.
  • Les manifestations et les conséquences des agnosies sur le comportement du malade.
La désorientation spatio-temporelle :
  • Comprendre l’impact de la désorientation spatio-temporelle sur la réalité interne du malade d’Alzheimer.
  • Les conséquences de cette désorientation dans la vie quotidienne.
L’impact de la démence sur la vie émotionnelle du malade :
  • Les difficultés d’identification des émotions.
  • Les difficultés à contrôler ses émotions : le déficit d’inhibition.
Les troubles psycho-affectifs :
  • La dépression.
  • L’instabilité de l’humeur.
  • La désinhibition.
Généralités :
  • Définition.
  • Les valeurs de l’activité de réminiscence.
  • Une activité individuelle ou en groupe.
La mémoire autobiographique :
  • Présentation.
  • Rôle de la réminiscence.
  • Lien avec la stimulation des 5 sens.
Au niveau cognitif :
  • Aide à préserver et valoriser les souvenirs anciens.
  • Permet de faire émerger un souvenir lié à une émotion.
Au niveau émotionnel :
  • Renforce le sentiment d’identité et d’unicité des personnes.
  • Effet antidépresseur.
Au niveau relationnel :
  • Utilisation d’un support à la communication facilitant la verbalisation.
  • Sort de la relation soignant/soigné pour créer un temps de convivialité, de partage, d’amusement.
  • Améliore la relation avec l’environnement social et familial.
Conditions préalables à la création d’un atelier : La posture professionnelle adéquate :
  • Capacité d’écoute et d’observation.
  • Connaissance du principe de fonctionnement de la démence.
  • L’empathie.
  • Capacité à gérer l’expression d’émotions négatives.
Posséder des informations suffisantes sur les participants :
  • Importance des informations bibliographiques.
  • Lien avec les projets de vie individualisés.
  • Si possible, être en contact avec un ou plusieurs membres de la famille.
Les photos :
  • Les photos personnelles pour une activité individuelle.
  • Les photos par thème pour des ateliers en groupe.
La stimulation de la mémoire par l’odorat :
  • Parfums, fleurs, épices, aromates.
  • Le loto des senteurs.
Les objets d’autrefois :
  • Par le toucher.
  • Par la vue.
Autres possibilités :
  • La stimulation gustative.
  • La création d’une « boîte à souvenirs ».
Eléments pratiques relatifs à la mise en œuvre d’un atelier réminiscence :
  • Combien de temps peut durer une activité ?
  • Combien de personnes peuvent participer simultanément à un atelier ?
  • Combien de personnes (soignants et animateurs) doivent être présents ?
  • Quel est l’horaire le plus adapté ?
Concevoir une grille de suivi et d’évaluation des ateliers réminiscence :
  • Pour rendre compte de l’activité.
  • Pour suivre l’évolution des participants.
  • Pour peaufiner / ajuster l’intervention.
Quelques questions importantes à se poser pour élaborer cette grille :
  • Quels sont les objectifs que je souhaite atteindre ?
  • Dans quelle mesure l’atelier a t-il atteint ses objectifs ?
  • Ce qui a réussi, ce qui n’a pas marché.
  • En quoi les participants ont-ils tiré profit de l’atelier ?
La préparation du matériel :
  • Comprendre le caractère fondamental de la préparation du matériel.
L’installation et l’accueil des résidents :
  • Choisir un environnement calme et adapté.
  • L’animateur s’assure de la bonne installation du résident.
L’ouverture de l’atelier :
  • Capter l’attention des participants.
  • Rappeler que l’activité proposée est un moment de plaisir avant tout.
  • Expliquer simplement les consignes en lien avec l’activité.
Les grands principes à respecter durant l’activité :
  • Les erreurs fréquentes.
  • Etre toujours positif.
  • Savoir susciter la discussion.
  • Faciliter l’évocation de souvenirs.
Savoir faire face aux imprévus :
  • Que faire lorsqu’un résident veut quitter l’activité avant la fin ?
  • Que faire lorsqu’un autre résident vient s’installer durant l’animation ? 
  • Que faire lorsque l’activité fait émerger des émotions négatives ?
A la fin de l’activité : savoir terminer sur une note positive :
  • Rappeler aux personnes que l’on a été heureux de réaliser cette activité avec eux.
  • Demander aux participants d’exprimer leur avis sur l’activité.
Après l’activité :
  • S’interroger sur les éléments qui ont été appréciés et sur ceux qui ont posé problème.
  • Remplir les grilles d’évaluation de l’atelier.
  • Informer le reste de l’équipe soignante sur le déroulement de l’activité et les points d’attention.
Les erreurs fréquentes qui nuisent à la qualité des ateliers réminiscence et aux bénéfices que l’on peut en retirer :
  • L’absence de coordination entre les personnes en charge de la mise en place de l’activité et le reste de l’équipe.
  • L’absence de réflexion préalable.
  • Les difficultés d’organisation à moyen terme.
  • L’absence d’évaluation de l’atelier.
L’adaptation de la posture de l’animateur :
  • L’empathie.
  • La neutralité bienveillante.
  • La place des émotions.
  • L’authenticité.
Les éléments verbaux à favoriser pour communiquer avec un résident dément :
  • La reformulation.
  • La validation des émotions.
Les éléments non-verbaux à favoriser pour communiquer avec un résident dément :
  • L’importance du regard.
  • Le toucher.
Les éléments contextuels à prendre en compte :
  • Le bruit.
  • L’agitation.
  • Les interactions multiples.
  • L’instabilité de l’environnement.

Profil des participants

Cette formation concerne l'ensemble des professionnels impliqués dans la préparation ou la mise en oeuvre d'ateliers réminiscence en EHPAD (psychologue, animateur, AES, AS...). Il est souhaitable que les participants à la formation possèdent un minimum de connaissances sur la maladie d'alzheimer et sur la cognition notamment le système mnésique.

Modalités pédagogiques

Après l'apport d'un contenu théorique et surtout méthodologique, ce module de formation s'attachera à permettre aux participants d'acquérir des savoir-faire et savoir-être à travers de mises en situations pratiques et le visionnage de séquences vidéo.